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Quelques mois seulement après sa nomination, Axel Duroux « numéro 1 bis » de TF1 a quitté la chaîne. Ce départ selon différentes sources serait l’aboutissement logique d’une guerre d’egos entre Duroux et Nonce Paolini, PDG du groupe. Annoncé comme le « sauveur », finalement torpillé dès son arrivée par la concurrence En début d’année les sujets d’inquiétudes sont nombreux : audiences en forte baisse ainsi que les recettes publicitaires, la crise des contenus et les gros problèmes de management avec une vague de licenciements aux postes stratégiques. Quand en juin Axel Duroux est présenté, ancien photographe de presse devenu patron de RTL, après avoir dirigé, notamment, Endemol arrive à la chaîne, on lui donne le costume du sauveur.  Costume qu’il porte parce que ce quadra a fait forte impression en redressant la radio privée, elle aussi en crise au milieu de la décennie. Le hic, c'est que RTL appartient au même groupe allemand que M6, Bertelsmann. En tant que président du directoire de RTL Group en France, Duroux siégeait au conseil de surveillance de la chaîne, principal concurrent de TF1. Axel Duroux prend le 15 septembre ses fonctions de directeur général de la première chaîne. TF1 laisse entendre qu'il sera « numéro 1 bis » de Nonce Paolini, le secondant dans « toutes ses fonctions ». Deux boss sur le même périmètre : ça commençait mal Très vite, les deux hommes s'opposent : qui fait quoi ? Leurs désaccords, nombreux, commencent à filtrer dans la presse. Le 5 octobre, lors d'une franche et houleuse discussion avec Paolini dans le restaurant privé de la direction, Duroux menace de démissionner. Si officiellement rien ne change, en coulisses, Martin Bouygues recadre les rôles : Paolini garde la haute main sur le groupe, et Duroux se charge des contenus. Mais cela ne suffira pas les divergences sont trop grandes, Duroux veut partir. Quelques heures seulement avant la confirmation du départ d'Axel Duroux, Nonce Paolini affirmait encore que TF1 était « unie et indivisible »… « Le double langage est un art bien difficile, et qui parfois confine au ridicule », écrit ElectronLibre, qui a relevé cette amusante déclaration. Entre la nomination de Duroux et son arrivée, la chaîne est sortie de sa crise printanière, comme le faisait fièrement remarquer Paolini en septembre dans le JDD : l'action, les audiences et les recettes publicitaires remontent. Dès lors la question du « sauveur » ne se pose plus. En réalité, ces chiffres cachent un phénomène plus important : les principaux succès restent des resucées de programmes parfois vieux de vingt ans TF1 a toujours besoin d'un homme de contenus. Cet homme n’est pas Nonce Paolini, sa rédaction lui fait savoir Une pétition record Déjà plus de 250 signatures sur une rédaction d'environ 300 personnes : la pétition lancée en catimini la semaine dernière par quelques journalistes de TF1 est en train de virer au triomphe. Ça tombe mal pour Nonce Paolini, trois semaines après le départ d'Axel Duroux, qui devait redresser la barre d'un navire de plus en plus instable. Comme un mauvais signe, les audiences sont à nouveau catastrophiques : Europe 1, qui révèle l'existence de cette pétition, note que la première chaîne d'Europe vient de connaître sa pire semaine depuis sa privatisation -en 1987 ! Pour mémoire, au moment du départ de Duroux (considéré comme un as des audiences depuis qu'il a redressé celles de RTL), TF1 faisait savoir que la situation s'était améliorée durant l'été, soit dans le délai entre la nomination et l'arrivée de l'ex-PDG de la radio privée… sans doute pour montrer que la Une était capable de faire sans lui. Au même moment, le 23 octobre, la toute jeune (18 mois) société des journalistes de TF1 déclarait « regretter » le départ d'Axel Duroux, qui s'était porté « garant de l'indépendance » de la rédaction. Par conséquent, son départ entretenait un « climat d'instabilité ». À TF1, les sources sont généralement très craintives Direction de TF1 : un thriller mieux ficelé que ceux diffusés par la chaîne Dernier épisode de cette série à rebondissements, cette pétition, impossible d'en obtenir le texte et l'irruption de Nonce Paolini dans une récente conférence de rédaction pour regretter les « fuites » dans la presse ne va pas contribuer à délier les langues. Selon un journaliste, la pétition exprime « le ras-le-bol généralisé qui monte depuis plusieurs mois et l'absence générale de leadership et de stratégie. Après les deux communiqués de la Société Des Journalistes en un an et demi d'existence, cette pétition constitue donc « un troisième camouflet » des journalistes à Paolini. Une rumeur fait en ce moment le tour des couloirs de TF1 : en claquant la porte de la chaîne, Axel Duroux aurait déclaré y avoir « trouvé un système stalinien ». Chez Bouygues, ce serait le comble ! Cordialement vôtre, un éplucheur d'idées obeservateur |